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29 septembre 2013

 

Il se retrouvait en possession de nombreuses archives auxquelles il lui était totalement impossible d'accéder sous peine de replonger dans le gouffre d'où il semblait sortir, pas à pas, comme un pèlerin se dirigeant le long d'un chemin aride vers ce qu'il espérait être une rive sereine de sa vie. Des centaines de photos, un grand nombre de vidéos, une cassette de jeunesse où l'on entendait le frère de Marie la taquiner, des enregistrements de Marie au violon, à l'alto, d'autres en concert, d'autres encore faits par des amis, en privé. Le dernier concert avait été enregistré par une collègue de Marie qui avait confié à Robin une carte son pour qu'il en fasse une copie sur un CD. Il l'écouta une fois d'un bout à l'autre, le lundi en rentrant en province. Il ne donna pas le CD à Marie puisqu'il ne la revit plus et le confia à sa psychanalyste. Plus que des mots, cet enregistrement était pour lui une manière de déposer son incommensurable souffrance dans ce cabinet de réflexion. Pendant des semaines, tel Schumann victime d'hallucinations sonores, il entendait en boucle jour et nuit le début du Notturno de Beethoven qui commençait le programme, comme une marche. Il n'avait jamais connu pareil supplice. Ce concert, alors qu'il ne se doutait de rien, était effectivement, dans toute l'acception berliozienne du terme, une Marche au Supplice

C.L. op. cit.

 

 

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