Par Christian Lorandin.
22 juillet 2013
A partir de cet instant - car une rupture se fait en quelques secondes, comme une piqure, comme un élastique qui lâche -, un durable et douloureux
silence l'envahit. Il savait que le partage de la musique était l'une des bases objectivement imputrescible de
cette relation.
Il savait que cet amour était né en partie de là,
dans les regards que seuls ceux qui entendent exactement ensemble et au même moment cette inflexion du
discours musical ou de son interprétation peuvent s'échanger, lorsque le même méandre de deux âmes
différentes est touché, comme un ADN identique. Car non seulement ils aimaient les mêmes œuvres musicales,y
vibraient en osmose et s'en faisaient découvrir souvent, mais leur communion allait encore plus loin dans la
reconnaissance de l'interprétation qui les touchait le plus et qui était leur vérité musicale.
Dans ces moments, il vivait le rêve de sa vie, car il savait qu'il n'était désormais plus seul non seulement à écouter, mais à
vivre dans la quotidienneté et, le pensait-il, jusqu'à la fin de ses jours, ce miracle du partage.
C.L. op. cit.
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog